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Teahupo’o

Traverser la planète en un temps record pour être aux premières loges et profiter d’un swell exceptionnel, c’est ce que notre siècle nous permet ! Jérémie Eloy traque sans relâche les sites web annonciateurs de conditions exceptionnelles, puis il saute dans un avion direction Tahiti.

La planète… Internet !

“Internet a-t-il changé les modes de pensée ?” titrait dernièrement un article du Monde. Nombre de scientifiques et de chercheurs se sont penchés sur la question. Vaste sujet qui aurait pu être proposé au bac, et j’aurais alors raconté cette histoire… Internet a sûrement changé mon mode de pensée, mais a surtout changé mon mode de vie : sur Internet, on peut traquer les perturbations, prévoir à six jours des vagues qui traverseront un océan… un rêve pour tout chasseur de tempête ! Plus besoin d’attendre des jours et des semaines sur un spot pour espérer rider de belles vagues qui, par enchantement, surviennent un matin…

 

“Tu as vu le swell pour Tahiti ?”

Je ne suis généralement pas un très grand fan de voyage en fonction de la météo, partir une semaine à l’autre bout du monde pour “scorer” et repartir sans connaître quoique ce soit. Pourtant, quand Ben Thouard (photographe de son état) a fait sauter mon icône Skype tout en bas de mon écran, mon planning du mois suivant fut vite annulé. “Tu as vu le swell pour Tahiti ?” Je regarde les cartes, puis trois ou quatre sites météo : c’est rouge dansl e Pacifique. Une tempête remonte de l’Antarctique depuis les 50es hurlants et va distribuer de grosses vagues d’ici quatre jours sur la Polynésie française. Le swell de l’année peut-être, et cerise sur le gâteau,il y a du vent de prévu ! Ça fait longtemps que je ne suis pas allé à Tahiti, plus de quatre ans déjà, et retourner à Teahupo’o, ça me démange depuis bien trop longtemps. Deux jours plus tard, je me retrouve dans l’avion, surclassé en business class avec Benjamin en route vers Tahiti. Mais à Los Angeles, le vol pour Tahiti est annulé pour cause de problème technique. On se retrouve à l’hôtel, un peu dépités. On devait arriver le lendemain matin à 3 h du mat’, aller chez Benjamin qui habite à quelques kilomètres de Teahupo’o, et partir directement au spot.

 

Nous sommes en flux tendu et un grain de sable est venu ruiner nos plans. Nous passons malgré tout une bonne nuit, nous arrivons à nous replacer sur un autre vol, et nous atterrissons le soir d’après, en ayant loupé la journée du samedi. On apprend rapidement que nous n’avons rien perdu, pluie toute la journée et pas de vent.

 

Mur de crânes en visu

Dans mon lit, j’ai du mal à m’endormir. La maison de Ben est au bord du lagon, les vagues s’écrasent dans un vacarme tonitruant sur le reef, un peu l’impression de revivre la nuit dernière, dans l’hôtel au bord du tarmac. Ici, ce ne sont pas les avions qui décollent, mais des litres d’eau qui s’écrasent dans un fracas assourdissant. Le soleil pointe son nez, je suis déjà debout. Ben part avec son jet-ski pour aller shooter du surf, c’est glassy, le vent se lève généralement vers 10 h. Enfin, ici on ne sait jamais, c’est ce qui fait la particularité du spot.

 

Les vagues sont bien là, le spit monte à plus de cinq mètres au-dessus des vagues et engloutit les bateaux d’un crachin qui rendrait heureux tout Breton qui se respecte.

Teahupo’o se mérite ! Du vent peut être parfois prévu, du soleil, des vagues, et pourtant cela peut rester flat, pas un souffle d’air, avec de la pluie toute la journée. Comme quoi la météo locale n’est pas toujours en adéquation avec Internet. Il faut calmer son excitation et prier pour que les éléments s’accordent. Je fais un aller-retour en voiture pour voir le spot depuis la plage. Les vagues sont bien là, le spit (souffle d’eau qui sort du tube) monte à plus de cinq mètres au-dessus des vagues et engloutit les bateaux d’un crachin qui rendrait heureux tout Breton qui se respecte. Je trépigne, connecte mes lignes, vérifie encore et encore mes connexions et mon matos, resserre mes ailerons, tire vingt foissur le leash, vérifie que j’ai mon couteau dans la poche… Je n’ai pas droit à l’erreur pour décoller du bateau. Je retrouve Julien Sudrat sur son bateau, à la marina de Teahupo’o. Il habite ici depuis plus de quatre ans maintenant, et je ne l’avais pas revu depuis tout ce temps. J’essaye de ne surtout rien oublier. Parfois le vent souffle pendant 40 minutes, puis plus rien, un noeud dans les lignes, un problème au décollage,et la session est terminée.

 

C’est parti pour une session qui, je l’espère, sera mémorable

Sur le spot, il y a environ cinq équipes de tow in : Laird Hamilton, avec pour partenaire Baptiste Gossein, puis Teiva Joyeux, Raimana Van Bastolear, les frères Walsh de Maui… Je les regarde charger des bombes qui passent les unes après les autres. Le vent commence à rentrer par petites risées, “on and off”, comme on dit ici. Pas de quoi lever mon kite, c’est un coup à se retrouver l’aile dans l’eau au plus mauvais endroit. Je prends mon mal en patience, prie pour que le vent monte, scrute les montagnes à la recherche du moindre indice, un nuage qui avance vite, un mouton au large… Et petit à petit, le vent s’établit. L’excitation est à son maximum, tout peut encore s’arrêter, tous ces efforts, ces heures d’avion, cette suite d’événements finalement sans trop d’embûches qui font que je me retrouve là à cet instant T, avec tout mon matos, prêt à partir. Mon aile s’envole enfin dans le ciel, je souffle enfin, c’est parti pour une session qui, je l’espère, sera mémorable. J’essaye de retrouver rapidement des repères. Premièrement, il faut lire la houle. Si elle vient un peu trop de l’ouest, la vague va fermer très rapidement, il faut donc choisir avant tout des vagues qui viennent du sud-est. Deuxièmement, il faut gérer les priorités avec les jet-skis et les surfers à la rame. Troisièmement, il faut viser la plage avec la planche, sous peine de se faire embarquer dans le mur pour finir se situer par rapport aux bateaux dans la passe et les éviter en cas de sortie de vague un peu trop rapide. Voilà les quelques règles principales à adopter ici !

 

À l’assaut de Teahupo’o

Je prends des vagues intermédiaires pour me mettre dans le bain petit à petit. Des bombes passent, mais avec cinq équipes de tow in, il faut négocier sa place. Julien se prend le wipe out de l’année, ses lignes prises dans la lèvre ne lui donne aucune chance, il est allé nettoyer les toiles d’araignées au plafond du tube, retour à la case départ et une belle frayeur au passage. Les vagues s’enchaînent et je reprends petit à petit mes marques, bien que le vent soit un poil trop side off. Je dois alors éviter constamment de faire passer mes lignes dans la lèvre, sans quoi c’est la correction assurée. La sortie de vague est tout aussi périlleuse. J’arriveà Mach 2 dans le groupe de bateaux réunis dans 30 m2, là où la faille permet d’être au plus prêt de l’action. Je passe plusieurs fois au-dessus des bateaux, évitant de peu une coque alu. Le passager s’en tirera avec une bonne frayeur. Mais quel plaisir ! La descente est vertigineuse, ce véritable trou où il faut plonger est totalement grisant, j’ai de belles visions de tube vert autour de moi, je m’éclate ! Cette vague est une paroi d’eau, un mur… de crânes, c’est la signification de Teahupo’o en tahitien. Parfois, l’eau monte tellement à la verticale que l’on est obligé de rester tout en bas. Je ne me souvenais plus de cette totale abstraction du bruit, de la vitesse. Concentré, on sélectionne rapidement les informations primordiales. J’entends juste les cris sur les bateaux en fin de certaines vagues, ce qui donne forcément le sourire. On ne voit pas ce qui se passe, tout va très vite,le seul repère sont ces cris… Cool, ça devait être pas mal ! Puis le vent décide d’aller voir derrière la montagne ce qui se passe. J’appelle le bateau, largue mon kite et remonte le tout à l’aide de la cinquième ligne. Le soir, je m’écroule dans mon lit, le jet lag, l’attente, le voyage, la journée dans les vagues, une compilation qui m’achève et m’envoie dans les bras de Morphée. Les sessions ne se ressemblent pas.

 

La vague nous pousse, le kite nous tire, il faut ralentir un maximum pour venir se positionner au bon endroit, ni trop tard ni trop tôt, sinon, soit on est complètement devant le tube, soit on se fait croquer

Le lendemain, il fait beau, les vagues ont baissé, mais c’est toujours avec ce bourdonnement continue venant du reef, un peu comme un orage qui dispatche continuellement sa foudre, que je prends mon petit déjeuner. Je prépare ma 9 m dans le jardin, reconnecte les lignes, vérifie les ailerons, le check up habituel. Cette fois-ci, le vent rentre jusqu’au bord, je décolle alors de la plage. Plus facile ? Pas si sûr ! Une petite molle de vent me projette hors du chenal et je casse directement un aileron dans le courant surpuissant du lagon. Le surplus d’eau apporté par les vagues s’évacue par ici et ce sont des milliers de m3 d’eau qui filent, un torrent marin à plus de 12 noeuds. Je pars quand même au large pour retrouver du vent frais et attends un bateau pour le ravitaillement. Entre-temps, le vent est retombé, ou plutôt il est passé derrière la montagne, et je me retrouve en train de nager… Retour à la case départ, je change mon aileron et je prends mon mal en patience, sur la plage, pendant presque deux heures. Je suis à environ 600 m du spot, difficile de voir s’il y a du vent dans la vague. La seule indication valable est le spray qui s’envole. Impatient, et las de voir les vagues parfaites dérouler, je m’imagine des risées… J’y retourne. Cette fois-ci, j’évite la molle devent, je remonte le chenal, et à moi le grand large. La vague est moins impressionnante qu’hier. Déjà, il fait beau, les couleurs sont beaucoup plus accueillantes, l’environnementest définitivement moins hostile. En face du spot, trois montagnes de forme pyramidales trônent ! Il est d’ailleurs amusant de noter que Teahupo’o signifie le mur de crânes. À l’époque, les autochtones érigeaient de véritables murets avec les têtes des combattants vaincus. Et je ne peux m’empêcherde faire le rapprochement entre ces trois tétraèdres naturels et ces tombeaux que sont les pyramides égyptiennes. Mais contrairement à l’Égypte, ici, elles sont continuellement arrosées par la pluie et elles éclatent littéralement de verdure. Ensuite, il y a cette multitude de bleus : bleu “Harpic”, comme on dit chez nous, dans le Nord, pour le lagon,bleu minuit, pour les abysses, et bleu ciel pour tout ce qui se trouve au-dessus de ma tête, hormis mon kite. Les vagues sont nettement plus petites, mais quelques bombes passent encore. Le vent est side off, en bas de la vague, mon kite se retrouve toujours derrière la lèvre et ici, impossible de passer à travers l’épaisseur d’eau. Le but est de placer les lignes justes devant, à la limite du découpage de lèvre. Sur certaines photos, on voit les lignes dans la lèvre, créant des stalactites d’un nouveau genre. Le plus dur, c’est de se placer et de ralentir au bon endroit. La vague nous pousse, le kite nous tire, il faut ralentir un maximum pour venir se positionner au bon endroit, ni trop tard ni trop tôt, sinon, soit on est complètement devant le tube, soit on se fait croquer. J’aimerais tellement un vent plus side, ce qui arrive régulièrement malgré tout,mais avec énormément de pluie (un peu comme le début d’une dépression en France). Au final, je m’amuse encore plus qu’hier, le spot est beaucoup plus lisible, je me colle quelques vagues vraiment sympas. Aucune envie que cela s’arrête.Le swell monte puis retombe.

 

Je peux passer des heures devant ce tableau, un peu comme un amateur d’art qui, devant une oeuvre sa vie durant, espère découvrir à chaque instant un nouveau détail connu de lui seul

Le lendemain, la houle est tombée, mais il reste encore quelques vagues. Benjamin en profite pour se mettre au coeur de la vague et shooter des photos dans l’eau. Le paysage ressort toujours sur ce genre de clichés. Les montagnes qui tombent dans l’eau contrastent avec ces volumes d’eau qui s’enroulent autour du récif. Je devais partir après cette semaine intense,mais à la vue de Windguru et des sites de prévisions, un swell encore plus gros, avec justement ce vent de dépression, le fameux “Maaramu” prévu à plus de 25 noeuds, il m’est forcé, sous la contrainte et avec multiples violences, de rester. En attendant, le vent d’Est– les alizés polynésiens (l’anticyclone) – va souffler sans discontinuer entre ces deux pics de houle. Au programme, grand soleil, vent régulier et navigation sur eau plate. Nous faisons alors les valises avec Benjamin, Domi, sa future femme, Marco “omicro”, le cameraman, et nous embarquons sur le ferry direction l’île d’en face. Cliché type de la carte postale polynésienne : le lagon, les montagnes, les cocotiers et la plage de sable blanc. Paysage “ennuyant”, synonyme de farniente, de lune de miel pour certains, mais pour tout être qui aime la mer, c’est un haut lieu de contemplation, un musée vivant de ce qui se fait de mieux en termes de paysage marin. La carte postale, elle, ne bouge pas, nonchalamment magnétisée sur le frigo du voisin. Le sable est toujours blanc, le ciel bleu, et le palmier vert. Désolé d’en décevoir quelques-uns, mais en réalité, ce n’est pas ça du tout. On est en plein hiver, et comme en Bretagne,les couleurs empruntent les palettes du cercle chromatique et s’en donnent à coeur joie pour repeindre tout çain définiment. Je peux passer des heures devant ce tableau, un peu comme un amateur d’art qui, devant une oeuvre sa vie durant, espère découvrir à chaque instant un nouveau détail connu de lui seul.Voler sur ce lagon, tracté par un kite, donne l’impression d’être un enfant dans une fête foraine géante. On se sent libre, excité, essayant de capturer chaque instant, tout en trépignant d’impatience pour essayer un nouveau jeu. Je vais à droite, à gauche, je descends, remonte, m’envole, juste limité par les barrières de corail qui jalonnent le manège. Il n’y a qu’à cet endroit que je ressens un tel sentiment. D’habitude, j’ai besoin de vagues, de combat, de mousse,et ici je me contente d’eau plate. L’attraction numéro un, le clou du spectacle, le grand huit du spot nous est offert par les raies et les requins. Ce que j’aime par dessus toutsur ce spot, c’est naviguer un peu, accrocher mon aile avec la cinquième ligne à une bouée, enfiler mon masque que j’ai préalablement attaché à mon harnais, et aller nager avec ces animaux marins… Puis repartir comme si de rien n’était. Nous passons quelques jours comme ça, rythmés par le vent, la contemplation et le ballet que nous offrent les raies. J’emmène Domi avec moi en kite, je connecte les deux harnais, et c’est parti pour une belle glissade sur le lagon. Sport individuel que l’on partage entre potes, cette technique permet alors de partager nos sensations avec quelqu’un de totalement novice

 

L’appel de la vague est plus fort

La météo s’affole. Coup de téléphone d’Hawaii : “Ben, tu penses que c’est bon ?” À l’autre bout du fil, c’est Jason Polakow (windsurfer pro) qui appelle chaque soir pour suivre l’évolution de la météo. Nous rentrons finalement sur la presqu’île de Tahiti. Je profite de notre retour pour faire un tour en ULM flottant : un Zodiac® surmonté d’une aile delta. Les paysages sont tellement grandioses ici que l’on a toujours envie de prendre de la hauteur pour apprécier à sa juste valeur cet environnement. Georges Riou, le voisin de Marco, a installé une sorte de hangar en toile dans son jardin. Un rail permet de descendre rapidement l’ULM dans l’eau, et il n’y a plus qu’à lancer l’hélice pour s’envoler. En l’air, c’est impressionnant… On est assis dans le vide avec l’impression que tout va se retourner comme une crêpe à la moindre turbulence. Georges m’emmène au-dessus d’un spot et fait un joli rase-motte à côté des surfers surpris par cet engin volant non identifié. Il gère d’une main de maître son outil et m’emmène survoler à plus de 300 m le lagon, le reef, les vagues, puis la montagne. J’en prends plein les yeux. J’en profite pour immortaliser en vidéo ce vol que l’on retrouvera dans mon épisode Make my day à Tahiti.

 

La vague creuse alors, c’est plus un trou où il faut plonger qu’une onde que l’on dévale.

Le lendemain, c’est samedi, premier jour du fameux swell. Pas de vent annoncé, mais soleil et grosses vagues. J’accompagne Benjamin sur son jet-ski pour passer la journée juste devant la vague. Benjamin conduit le jet et se place au coeur de l’action afin de pouvoir shooter. C’est assez physique, car il faut rester concentré tout le temps. Assis derrière, j’en prends encore plein les yeux. Les séries enflent d’heure en heure. Ce n’est pas la première fois que je viens assister au spectacle Teahupo’o quand il y a des grosses vagues. Quand je ride, je n’ai pas vraiment le temps de regarder ce qui se passe, mais j’hallucine toujours sur cette masse d’eau. J’ai juste envie de faire pause avec une télécommande pour revoir l’action au ralenti. Tout passe tellement vite ! La vague gonfle, un rider tracté par le jet lâche la corde et accélère dans la pente. La vague creuse alors, c’est plus un trou où il faut plonger qu’une onde que l’on dévale. Puis tout s’accélère, le rider se place et se cale pourprendre une trajectoire linéaire, et dans un fracas hallucinant, la mer tombe ! Plusieurs fois, nous avons ressenti des secousses sur le jet, comme un véritable tremblement de terre. Les riders arrivent pleine balle en sortie de vague devant tous les bateaux, les yeux grands ouverts, le corps chargé d’adrénaline. Certains n’arrivent même plus à parler. Du côté des surfers, la sécurité est assurée par les jet-skis, et dès qu’un rider tombe, tout le monde se lève à la recherche d’une planche ou d’une tête. Il s’écoule parfois plusieurs seconde savant que l’une ou l’autre réapparaisse. Quand une bombe fuse, les cris se font entendre de chaque bateau. Mais il ne faut pas oublier que chacun joue avec sa vie ici. J’ai vu des boîtes hallucinantes qui repoussent les limites de la résistance du corps humain. Le surfer est souvent repoussé à l’intérieur du lagon. Deux jets arrivent rapidement, ce qui n’empêche pas certains de boire de l’eau et de cracher tout ce qu’ils peuvent. Plusieurs surfers ont mis du temps à remonter. Tout le monde s’inquiète, on a même rangé les sacs avec Ben, prêt à aller chercher dans la mousse un rider qui ne réapparaît pas. Plus de peur que de mal, à part de nouvelles cicatrices pour celui-ci. Calmé, il ira s’installer dans un bateau, avant de charger quelques heures plus tard d’autres monstres. La journée se termine. Le sourire aux lèvres, tout le monde rentre. Des bombes sont passées, de nouveaux héros ont fait monter leur taux d’adrénaline au plus haut point, et personne n’a été sérieusement blessé. Demain, il y aura du vent, c’est sûr, des vagues encore plus grosses, mais le Maaramu va peut-être apporter son quota de pluie, ou pas ! Encore une fois, je prépare consciencieusement tout mon matos, j’ai même du mal à m’endormir, excité par l’envie d’y retourner.

 

Les trois jours suivants, la pluie ne cesse pas une seconde,on cherche d’autres spots, on a même une session sympa sur un spot qui ne marche qu’une à deux fois pa ran, mais rien de comparable à Teahupo’o. Des gens viennent du monde entier comme je l’ai fait pour rider cette vague, en suivant la météo. Ce spot est pratiquement imprévisible, le facteur chance entreénormément en jeu. Le relief retient les nuages, accentue la pluie, coupe le vent. Je m’estime heureux d’avoir eu trois jours dès mon arrivée sur ce spot mythique, et également de partager la session avec des gens que j’apprécie. Je reviendrai,c’est sûr, surtout pour rider la vague avec un vent plus side, pour placer mon kite plus devant, et aller plus profond dans le tube. Plus loin, plus fort, plus vite. Mais ce qui est certain, c’est que je fais définitivement partie de la génération Internet.