Trips

Le Brésil autrement, bio et kitable.

Alors que les températures hivernales du mois de janvier en France peinaient à dépasser les 0°, EnvaO a emmené deux des riders de son team, Fabienne d’Ortoli et Yvan Quilfen, au Brésil, loin des plages bretonnes enneigées, à la rencontre des acteurs de la filière de production bio équitable de la marque.

"L’île de Santa Catarina est un petit paradis. Les montagnes luxuriantes et les dunes blanches surplombent les plages idylliques où les vagues déferlent sans cesse."

 

Cela faisait plus d’un an que nous préparions ce voyage avec EnvaO : recherche de financements, constitution d’une équipe, établissement du road book… Pour une jeune marque qui travaille en effectif réduit avec de petits moyens, un trip de cette ampleur est une grande aventure ! EnvaO n’est pas une marque comme les autres… Tous les vêtements de ses collections sont fabriqués dans les conditions du commerce équitable, à partir de matières écoresponsables. Mais qui se cache derrière tout ça ? Qui s’occupe des designs ? Qui coupe les patrons ? Qui associe chaque pièce ? Qui cultive la matière première, le coton ? Tant de questions qu’on peut se poser lorsqu’on achète un vêtement : penser à toute l’histoire qui est derrière, mettre des visages et des lieux sur les étiquettes “fait au Brésil”, “équitable”. Ces termes prennent tout leur sens quand on rencontre tous les acteurs de la production, et cela change notre regard sur les choses. Mettre en valeur non pas les mannequins qui portent si bien le costume, mais ceux qui travaillent en arrière-plan et que personne ne voit jamais, c’est l’un des engagements d’EnvaO et ce fut l’une des raisons d’être de ce trip.

Yvan Quilfen, le photographe Benoît Fournier, un caméraman, l’équipe d’EnvaO et moi-même sommes donc partis fin janvier à la rencontre des producteurs de coton bio et des petits groupes de couturières d’EnvaO. Ce trip du nord au sud du Brésil a aussi été pour nous l’occasion de partager des sessions de glisse (kite, surf, stand up paddle et pirogue hawaïenne) avec les riders Rémy Lavie et Marcelo Bispo. Tout commence un jeudi 21 janvier, à Roissy. Malgré tous nos efforts pour limiter le poids des sacs, nous passons une heure et demie à négocier les excédents bagages ! À l’arrivée à Rio, nous dormons une nuit dans un backpacker, avant de nous envoler pour Fortaleza au petit matin. Nous y retrouvons Benoît, le photographe du trip, installé à Rio.

 

Le Nordeste du Brésil : Prainha do Canto Verde, petit havre de paix

Prainha do Canto Verde, petit village de pêcheurs au sud de Fortaleza, vit quasiment en autarcie. Les “jagandas” sont sur la plage, prêtes pour la prochaine pêche. Les adultes évitent le soleil et investissent les coins d’ombre pendant que les jeunes s’amusent à effectuer d’étonnants sauts périlleux et diverses pirouettes sur le sable. Très peu se baignent. Il règne une atmosphère de tranquillité. Nous avons passé quelques jours dans une pusada à cette image, calme, colorée, où nous avons été accueillis très chaleureusement. C’est dans cet endroit magique, où le temps semble s’être arrêté, que nous avons navigué sur l’océan puis sur une lagune nichée au milieu des dunes, bordée par les cocotiers. Les terres de Prainha do Canto Verde sont une réserve naturelle protégée. Une grande partie de l’énergie consommée par les habitants du village est produite par des éoliennes. Les principales ressources de la communauté sont la pêche et l’écotourisme. L’équipe a pris part à la vie de ce petit coin de paradis pour quelques jours.

 

"À Prainha do Canto Verde où le temps semble s’être arrêté, on navigue sur l’océan ou sur une lagune nichée au milieu des dunes"


Le samedi soir, à la fête du village, Benoît, notre photographe, a été désigné membre du jury du concours local de chant et de danse ! Nous nous sommes régalés des mets locaux : riz, haricots noirs, frites de manioc, crevettes à l’ail, poissons frais, jus d’acérola (cerise du nord du pays), goyaves, papayes… Des conditions favorables nous ont permis de naviguer côté océan dans les vagues, avec un vent léger, on-shore. Nous avons donc sorti les surfs strapless pour aller taquiner la lèvre.


Profession : producteurs de coton bio

Après ces trois jours de mise en bouche paradisiaque, direction Umarizal, à 300 km dans les terres, pour rencontrer les producteurs de coton biologique. Ce sont de véritables passionnés, et les écouter nous expliquer leurs techniques de fabrication au milieu des champs de coton gorgés de soleil a été un bonheur ! Leur credo : il est possible de cultiver le coton sans abîmer la terre, en limitant l’impact sur la santé des hommes et sur l’environnement. Pour cela, ils ont mis en place des méthodes connues depuis la nuit des temps et dont certaines en surprendraient plus d’un ! En effet, ils cultivent sans utiliser de produit chimique nocif, avec des engrais et des pesticides naturels à base d’urine de vache et de larves !

Cette région est l’une des plus pauvres du Brésil et ces producteurs font partie d’une association d’agro-écologie avec laquelle EnvaO a signé une charte de respect des principes du commerce équitable. Chaque famille possède des hectares de terres agricoles qui lui permettent d’être autonome sur le plan alimentaire (cultures vivrières de féculents, céréales) et le reste des terres est consacré à la culture biologique de coton pour le commerce. Ce sont les producteurs qui fi xent eux-mêmes le prix du coton au moment de la commande et non le client comme dans la majorité des industries textiles. Avec EnvaO, ce prix est deux fois supérieur à celui qui est proposé par l’organisme de labellisation de commerce équitable. Je n’oublierai jamais ma rencontre avec la chaleureuse Helenita, une incroyable productrice de coton, avec laquelle nous avons partagé des fous rires uniques ! Merci Helenita pour ta joie de vivre et ton énergie exemplaires ! Je me souviendrai toujours de ce que tu m’as dit : “Dans la vie, il faut une passion. Moi, c’est le coton !”

 

Traversée du Brésil du Nord au Sud, à la rencontre des couturières d’EnvaO, à Porto Alegre

 
Nous avons passé une journée à Porto Alegre, ville très humide en cette saison, ce qui nous a donné l’impression que nos jambes avaient triplé de volume ! Nous y avons découvert l’atelier des couturières d’EnvaO, des femmes formidables, issues du même quartier. Elles se sont regroupées au sein d’une coopérative qui travaille dans les règles du commerce équitable, pour faire face aux pratiques très inégalitaires du marché de la confection. Elles assurent les commandes de leurs clients (tels EnvaO) et développent parallèlement leur propre marque de textile et accessoires : Justa Trama. Ces rencontres furent l’occasion d’échanges exceptionnels et riches, qui nous ont permis d’adopter un autre regard sur les produits, de prendre conscience de ce que sont des conditions de travail justes et d’entrevoir avec quel irrespect certaines multinationales traitent leurs ouvriers… La filière de production d’EnvaO est à l’image des vêtements de la marque : bio, équitable et gaie !

 

Florianopolis (île de Santa Catarina) : notre rencontre avec le rider Rémy Lavie


J’étais déjà venue plusieurs fois au Brésil, mais je n’avais jamais visité autant d’endroits ni rencontré autant de gens en si peu de temps. Le trip d’EnvaO a été terriblement intense ! Florianopolis est certainement le lieu qui m’a le plus séduite, tant pour ses paysages que pour ses spots (mondialement connus). L’île de Santa Catarina est un petit paradis. La diversité des paysages y est incroyable ! Les montagnes luxuriantes et les dunes blanches surplombent les plages idylliques où les vagues déferlent sans cesse. C’est sur ce terrain de jeu rêvé pour un rider que Rémy Lavie a élu domicile et navigue en pirogue hawaïenne. Il nous a fait découvrir pendant quelques jours ses spots de prédilection, et nous avons partagé avec lui et sa bande de riders des sessions de surf, de kite, de stand up paddle, de pirogue et de sand board, du lever au coucher du soleil. Yvan a surfé sur sa planche de kite. De mon côté, j’ai fait une session avec mon fish Naish, et j’ai finalement craqué sur une 6’3 d’occasion qu’Yvan a ramenée en Bretagne. D’habitude, je surfe surtout en longboard 9’ ou en sup 7’6, il m’a donc fallu un petit temps d’adaptation pour la 6’3. Yvan et Rémy ont enchaîné les rollers : un beau spectacle !

Après des journées qui commençaient à 5 ou 6 heures, bien remplies en activités sportives, les dîners dans les petits restaurants au bord du lagon étaient l’occasion de recharger les batteries pour attaquer de plus belle dès le lendemain. Nous avons réussi à naviguer trois fois dans les vagues, en 9 m Charger pour moi, en 10 m Bandit pour Yvan. Un vent side, side-on, des vagues d’1 m, 1 m 50, une eau plus que chaude, juste ce qu’il faut pour être au top ! Ces heures passées dans l’eau nous ont fait oublier le temps perdu dans les aéroports ! Eh oui, le Brésil est grand, il faut du temps pour aller du Nord au Sud !

La plus grande péripétie aura été celle de Florianopolis – Porto Alegre. Au moment d’atterrir, toute l’équipe dormait, je somnolais. J’ai alors entendu le train d’atterrissage sortir, et j’ai vu la piste, je pensais donc que nous étions arrivés à destination. Mais non ! Juste au-dessus de la piste, retour plein gaz, on redécolle. Je me dis “ok, il a raté son atterrissage, ça arrive. Pas de stress”. Sauf que nous n’avons pas cessé de monter jusqu’à atteindre l’altitude de vol… et pas de demi-tour pour revenir à la piste. Là, j’ai stressé. Silence du pilote… Nous retournions vers Florianopolis, faute de place à Porto Alegre ! Finalement, après une escale à Curitiba, nous avons enfin réussi à nous poser à Porto Alegre. Benoît s’est réveillé à l’arrivée sans s’être rendu compte de rien !

 

Rio à la veille du carnaval : rencontre avec le rider carioca Marcelo Bispo


C’est dans la ville mythique de Rio de Janeiro que nous avons passé les derniers jours du trip, en compagnie du surfer Marcelo Bispo. Avant d’arriver, ce séjour à Rio m’angoissait un peu. Me retrouver dans cette grande ville après avoir passé plus de 10 jours sur la plage, à l’air libre m’inquiétait. Mais finalement, ces quelques jours ont été très intenses et nous avons passé notre temps dans l’eau. Pas de vent, pas de nav’ pour Yvan et moi, mais de bonnes sessions de surf, et des spots magiques dénichés grâce à Marcelo. De plus, nous étions à une semaine du début du carnaval et tous les Brésiliens étaient en plein préparatifs !

Nous avons bourlingué de spot en spot au volant d’un combi VW original à l’effigie d’EnvaO : un rêve de routards ! Ce qui m’a le plus marquée à Rio et ses alentours, c’est le nombre de surfers à l’eau, la densité au mètre carré, et le niveau très élevé de chacun ! Yvan et moi en avons pris plein les yeux ! Et bien sûr, nous avons été impressionnés par la température de l’eau… si chaude ! En tout cas, ces sessions et les précieux conseils de Marcelo nous ont permis de bien progresser en surf. Tous les matins, on le retrouvait dans une rue de Copacabana, avec sa petite fille qu’il déposait ensuite chez la nounou. Père de famille, passionné et joyeux, Marcelo poursuit le rêve de devenir surfer professionnel, et on ne doute pas qu’il y parviendra, il a tout ce qu’il faut pour ça : le niveau, le style, le physique et la passion ! Grâce à lui, nous avons passé deux jours sur une plage idyllique, à enchaîner les sessions entrecoupées d’un bon poisson et de jus de coco.

Ces 15 jours se sont donc achevés à la fameuse Copacabana, une des plages les plus réputées au monde, où les thermomètres affichaient régulièrement 31° dès 8 heures du matin. Le spectacle du coucher de soleil sur les rochers accompagné par les applaudissements de tous au moment où il plonge dans la mer ne peut laisser indifférent.

Ce trip aura vraiment été spécial, riche en émotions et en apprentissage sur les conditions dans lesquelles sont produits les vêtements bio équitables. Un grand merci à toute l’équipe d’EnvaO (Julien, Anne-Lise, Hélène, et tous les acteurs brésiliens), à Benoît, Jean-Marc, Yvan, Rémi et Marcelo pour cette fabuleuse aventure humaine et sportive !

 

Texte de Fabienne d’Ortoli
Photos de Benoît Fournier