« Le peu de fois où je ne ride pas pendant un certains laps de temps, je suis une machine quand j’y retourne… je suis à 200% sur l’eau »

C’est la française qui commence à faire parler d’elle sur le tour mondial strapless, Charlotte Carpentier entre dans la cour des grandes en faisant un podium sur la simple élimination du GKA au Cap-Vert.

Charlotte, qui es-tu vraiment ?

Je suis Française et je vis actuellement à Montpellier quand je ne suis pas sur le tour GKA strapless. J’ai finie 3e l’année dernière et je compte bien envoyer cette année aussi !

Avant ça, j’ai étudié l’ingénierie dans les sports de glisse, notamment à travers pas mal de spots différents grâce au programme Erasmus. J’ai donc pu continuer ma passion du kite en parallèle de mon parcours universitaire, dans des endroits comme Bayonne, la Réunion ou encore le Mexique… le rêve ! Sinon je ride actuellement pour CORE Kiteboarding et EQ, la marque de crème solaire.

Dis-moi, les conditions avaient l’air magiques sur la dernière étape du GKA au Cap vert, comment as-tu vécu ça ?

Yes, la première étape de la saison était à Ponta Preta, au Cap-Vert. C’est un spot très technique car il nécessite plusieurs conditions, un vent off-shore et une bonne houle, sinon ça casse sur les rochers et là ça pique.

Les conditions ont été plus que parfaites quelques jours avant la compète et surtout pendant, une chance ! Tous les locaux étaient là, il y avait une sacrée ambiance et cette orientation de vent permet d’entendre le public, les commentaires et la musique quand on est sur l’eau… c’était vraiment incroyable à vivre.

« Checkez la vidéo des best crashs, il y a eu de l’engagement ! »

Tu finis 3è sur ce podium féminin en simple, c’est une première pour toi, non ?

Pour moi, c’est vraiment un bon début de saison, sur une étape de vague qui n’est pas ce que je maitrise le mieux, je suis assez fière car en face il y avait du gros swell, et des pointures comme Ines (Correia) ou Moona (Whyte) qui ont l’habitude de ce genre de conditions.
À suivre sur la prochaine où il y aura aussi du freestyle strapless !

Je vois que tu as donc prévu de faire le tour 2019 ? Qu’est-ce que le Global Kitesports Association représente à tes yeux ?

Pour moi, sans le GKA il n’y aurait pas de riders et vice versa.

C’est vraiment géré par des personnes qui ont des compétences en événementiel, avec un tour manager lui même ancien rider ! Les juges sont vraiment impliqués dans le sport et toute l’organisation se complète bien. C’est un modèle au milieu de toutes ces différentes histoires de fédérations, internationales et nationales. Je pense que c’est une association qui va se développer et pour le moment, je ne vois qu’une évolution pérenne de la chose.

« Le GKA c’est vraiment une grande famille »

Pour aller un peu plus loin, quelles sont tes ambitions et comment as-tu prévu de gérer ta carrière de kitesurfeuse pro ?

Mon but est d’arriver à rider aussi bien en freestyle strapless qu’en vague, car il y a des étapes 100% freestyle autant que 100% vague, comme on a eu au Cap Vert. Il faut donc que je sois très polyvalente, c’est une dimension géniale où il faut se dépasser dans les deux disciplines car elles sont bien sur très complémentaires. Je suis très expérimentée en freestyle mais le fait de m’entrainer encore et encore en vague a contribué à mon podium en 2018 et CORE me donne les moyens de m’investir à fond sur le Tour cette année.

« Je deviens plus performante dans ma pratique, autant en donnant des conseils qu’en regardant les plus grands sur l’eau »

Sinon, du coté professionnel, je trouve très important d’avoir fait des études car dans ce milieu, on peut se blesser du jour au lendemain, c’est toujours bien d’avoir une porte de sortie. J’ai souvent d’autres projets que je développe en parallèle du Tour. Et puis je travaille en donnant des cours de kite et en faisant du coaching, je partage ma passion et le fait de transmettre m’apporte aussi un autre regard. Je deviens plus performante dans ma pratique, autant en donnant des conseils qu’en regardant les plus grands sur l’eau… ça va dans les deux sens. D’un point de vu plus personnel, la performance sportive est une expérience humainement parlant très riche et unique, il faut en profiter mais être conscient que tout peut s’arrêter très vite.

Et puis parfois, quand je ne peux pas rider pendant un certain temps, à cause des conditions ou du taff… Je suis une machine quand j’y retourne, je suis à 200% sur l’eau.