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CAMERON DIETRICH : "J’ai kité Jaws"

Nul besoin d’être Hawaiien pour avoir entendu parler de Jaws. C’est là où les watermen locaux testent leur courage. J’avais prévu depuis un moment déjà de rider Jaws, et un beau jour de mars 2011, c’est arrivé.

Peahi ou Jaws

Nul besoin d’être Hawaiien pour avoir entendu parler de Jaws. C’est là où les watermen locaux testent leur courage. J’avais prévu depuis un moment déjà de rider Jaws, et pour diverses raisons, je n’avais pas encore pu le faire. La raison principale étant la difficulté de cumuler les bonnes conditions de vent et de houle. Mais un beau jour de mars 2011, c’est arrivé.

 

Conditions

“Kiter” Jaws demande beaucoup de préparation. En tant que bon “waterman”, vous devez être prêts à gérer les imprévus. La mise en place du matos est essentielle. Durant la semaine, je fais de la prépa physique, car un gros “wipe out” à Jaws signifierait une aventure sous-marine prolongée. De mon côté, pas de travail particulier sur la respiration puisque je passe du temps à pêcher en apnée et à faire du cardio. Cette préparation ainsi que toutes mes activités nautiques me donnent confiance en mes capacitésà affronter des événements imprévus sur des spots comme Jaws.

 

Mise en place

Pour le matériel, j’ai dû gonfler l’aile à la maison, l’attacher et l’emballer avec les lattes gonflées et les lignes connectées. Cela permet de finir le gonflage sur le jet-ski dans le chenal de Peahi. J’ai embarqué ma planche de “tow in” spécial Jaws, le gilet, le harnais, la combi, et suis descendu sur l’aire de départ. Après avoir tout sécurisé sur le jet-ski, nous sommes partis. Nous avons rejoint Jaws, et là, j’ai pu voir que les conditions étaient parfaites pour kiter. Sur place, je fais toujours un tour d’horizon pour vérifier les conditions. Aujourd’hui, les gars ont annoncé un swell à 40 pieds de face (12 m). C’était l’heure d’y aller. Je me suis amarré à l’ancre du jet-ski et j’ai commencé à préparer l’aile. Une fois qu’elle était gonflée, j’ai prévenu l’autre jet-ski que j’allais décoller, je me suis laissé dériver et c’était parti direction le take off.

 

C’est l’heure

À ce moment de la journée, avec un vent soufflant à 25-30 noeuds, c’était presque trop venté pour les surfers en tow in. Ça laissait les vagues disponibles pour quelques windsurfers et moi-même. Alors que je démarrais, j’ai attaqué quelques petites vagues pour vérifier la direction du vent. J’ai attendu que les windsurfers s’écartent pour attaque rmon premier set de vagues. J’étais très excité à l’idée de m’engager sur un bon spot comme celui-ci. J’ai calé mon bottom autour de la section et suis venu frapper la lèvre. En parallèle, un des hélicos qui filmait au vent m’a suivi, déventant mon aile avec le souffle de l’hélice. L’aile est ainsi tombée sur la lèvre, j’ai alors prié pour que les vagues qui se formaient au large l’aspirent vers l’arrière et, heureusement, c’est ce qui s’est passé. Je me suis débattu en voyant un autre set de vagues arriver. Heureusement, les alizés étaient si forts que l’aile a redécollé rapidement et j’ai pu naviguer hors de la zone. C’était le seul moment de tension de toute la session. Une fois à l’aise, j’ai continué à rider les vagues. C’est là que tu réalisesl’importance de la préparation de ton matériel. Cette chance pour moi de kiter Jaws s’est avérée être une longue journée de plaisir. Je travaille actuellement sur les planches avec mon shaper pour me permettre d’exploiter un peu plus cette vague et repousser les limites. Je remercie Da Kine pour l’équipement et Keith Teboul pour m’avoir shapé des boards aussi performantes.

 

RÉCIT DE CAMERON DIETRICH
PHOTOS : JIMMIE HEPP